Coups de coeur Romans jeune — 16 janvier 2012
Lali l’orpheline /Thierry LENAIN et Olivier BALEZ

Je reviens sur ce livre dont je vous avais brièvement parlé ici.
Parce que vraiment ce texte est très touchant et qu’il mérite qu’on s’y attarde.

Voici donc l’histoire de la toute jeune Marion qui quitte sa famille et son pays pour offrir de son temps, de son énergie, de son amour à des orphelins d’Inde. On l’imagine dévorée par son envie d’offrir à ceux qui n’ont plus rien ce qu’elle à sans doute reçu en belle quantité dans son enfance : de l’amour et de l’attention.
Rien que ça, chapeau bas Mademoiselle !
Je ne peux m’empêcher de penser à ce que j’ai entendu il y a quelques semaines : d’après un sondage (?), les jeunes seraient égoïstes et feignants ! Je ne sais pas où les sondeurs ont trouvé  ça (un panel de vieux ronchons sans doute), mais je connais beaucoup de jeunes qui, au contraire, militent et s’engagent dans diverses associations, partent à l’autre bout du monde donner un peu d’eux-mêmes avec tout l’enthousiasme et la passion de leur 20 ans.
Mais une fois de plus, je m’égare…

Au-delà de cet engagement, ce texte pose une vraie question. Il a comme sous-titre : « où l’on se demande si l’on peut faire du mal en croyant faire du bien ». En voilà un sacré débat !

Marion, dans son orphelinat, va rencontrer Lali, une petite fille mal née, malmenée, abandonnée. Alors, elle va la prendre dans ses bras, lui parler, la câliner et lier avec elle de vrais liens d’affection. Lali fera même d’infimes progrès. Oui mais voilà, alors que Marion, fière et heureuse pense trouver du soutien auprès du personnel de l’orphelinat, voici ce que lui dit une infirmière :
«  Toi, dans deux mois, tu partiras. Dans deux mois, tu laisseras Lali toi aussi, comme ses parents l’ont laissée. Lali sera alors deux fois plus abandonnée, deux fois plus seule et triste qu’elle ne l’était quand tu l’as rencontrée. Tu es remplie de joie pour toi. Tu n’es pas venue pour Lali, Marion, tu es venue pour toi. »
Brutal n’est-ce-pas ?
Et que t’interrogations face à cette réaction… Mine de rien, le texte de Thierry Lenain sème là une petite graine qui fait les grandes questions.

Alors, comme à chaque fois que je tombe sur un texte fort, j’ai eu envie de le lire à une classe.  Ce fut hier, avec des CM1. Je crois qu’à un moment de ma lecture j’ai vu des yeux s’emplir de quelques larmes, peut-être au moment où ma voix s’est brisée. L’émotion se partageait, la sensibilité de ces mômes s’accrochait aux mots, nous étions tous Marion.
Le silence qui a suivi ma lecture en disait long.
On a ensuite un peu discuté, juste un peu, pour décompresser. Car je ne me sens pas d’entamer un débat qui me dépasse et puis, mes lectures sont offertes, ils y réfléchiront sans doute… Ou pas. Si j’ai juste ouverte une toute petite fenêtre, je suis contente.

Source illustration

Auteur de l'article

Isabelle

Lectrice compulsive, enquiquineuse chronique, bavarde incorrigible et chocolat addict.

Suggestions d'articles

Partager

(0) Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>